AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Maintenance du forum ce 23/07 à 14h =D
Pour soutenir le forum ♥
n'hésitez pas à nous laisser un petit mot sur Bazzart & PRD
GROUPES
Merci de privilégier les Esprits (en priorité), Humains et Démons,
ainsi que sorciers voudouns lors de votre inscription! ♥

Partagez | .
 

 La vie continue [Jane]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
❝ Contacter le joueur ❞
It's a cold and it's a broken Hallelujah
avatar
Ava Federmann
❝ It's a cold and it's a broken Hallelujah ❞
Messages : 158 Points : 361 Date d'inscription : 03/05/2017 Age : 24 Localisation : Allemagne
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day:
❝ Administrer le post ❞
Posté le Sam 6 Mai - 18:53.
« Et juste merde, bordel, » grommela Ava en grimpant péniblement les escaliers qui menaient à l'appart. Septième étage sans ascenseur. Au moins, ça lui faisait des cuisses et un derrière bien rebondis mais juste... merde.

« Merde, couille, bite, sperme à bulles, » poursuivit-elle en essayant d'insérer les clés dans la serrure. La journée avait été suffisamment difficile, il n'était pas nécessaire que les objets se mettent à en rajouter une couche en refusant de fonctionner normalement. Elle avait passé des heures à chercher désespérément un nouveau taf, un moyen de gagner un peu plus de fric pour pouvoir payer le loyer de l'appart devenu exorbitant. Quand elle avait emménagé et pris une coloc, elle pensait que les choses se passeraient bien, qu'elle n'aurait pas trop de mal à joindre les deux bouts. Ha. Quelle idée.

C'était sans compter sur cette saloperie d'Apocalypse et ses conséquences. Le quartier Ouest était le seul encore à peu près vaillant et même les gens qui y habitaient depuis plusieurs années devaient se faire à l'idée de voir le loyer augmenter façon fusée lancée vers le ciel. Et bien sûr, si tout le bordel n'avait pas trop affecté le quartier Ouest, il y avait quand même eu quelques conséquences ; en l'occurrence, un monstrueux dégât des eaux qui avait transformé la salle de bain en reproduction locale du bayou et une odeur désagréable permanente dans l'appart. Mais au moins, c'était un toit plutôt qu'un squat pas très sûr.

La porte finit par céder sous les assauts d'Ava et elle traça une ligne directe vers le canapé, où elle s'effondra tête la première. Ses pieds étaient douloureux, ses jambes aussi, en fait la totalité de son corps. Tout ça pour rien. Les camps de survivants avaient besoin d'aide mais ne pouvaient pas franchement payer, les autres endroits... elle avait un mauvais feeling. Comme si la plupart des gens encore capables d'employer et de payer n'étaient pas tout à fait du style qu'elle aurait voulu fréquenter d'une façon aussi intime.

Elle aurait aimé en faire plus pour les camps de survivant. Aider son prochain, tout ça. Seulement, aider son prochain quand on est soi-même dans la merde, c'était pas une évidence absolue. Elle savait qu'elle avait de la chance, qu'elle aurait pu beaucoup moins bien s'en tirer et qu'elle devait sa bonne fortune à sa colocataire mais... merde. Juste, merde. La phrase repassait en boucle dans sa tête et elle la grommela contre les coussins du canapé qui avait connu des jours meilleurs. Ses parents auraient été outrés de savoir qu'ils lui avaient payé plusieurs années d'étude à l'Université Delgado pour qu'elle en sorte avec un langage pareil.

Après quelques moments passés la tête enfouie dans un coussin, elle finit par se décider à être une personne civilisée et à enlever ses chaussures et son tichel. Maman disait toujours que porter des chaussures à l'intérieur était l'épitome du manque d'éducation. Pauvre maman. Elle devait être morte d'inquiétude.

« Jane ? T'es dans le coin ? J'ai ramené le dîner, » lança-t-elle à la cantonnade en rangeant ses chaussures et son foulard. Au moins, la randonnée à travers NoLa n'avait pas été totalement infructueuse et elle avait réussi à trouver de quoi manger.

Elle vivait avec Jane depuis environ deux ans, à une vache près. Lorsque la gamine était arrivée à la Nouvelle Orléans avec ses grandes idées humanitaires d'aider après Katrina, Ava l'avait prise sous son aile sans trop savoir ce qui l'avait touchée chez cette petite frimousse au grand cœur et Jane avait emménagé avec elle. Un don du ciel, pour le coup : la môme avait un fric pas permis et c'était le dernier rempart entre elles deux et la rue.

« J'ai pris de quoi faire des latkes, » continua-t-elle sans trop savoir si Jane l'avait entendue ou même si elle était bien à l'appart. « Tu sais, les galettes de patate que j'avais fait au dernier Hanoukah ? J'ai trouvé des patates à un prix à peu près décent, elles sont sans doute pas super mais on s'en fout un peu, c'est toujours mieux que bouffer de l'air. » Tout en parlant, elle se dirigea vers la kitchenette – un minuscule coin doté d'un lavabo, un frigo et deux plaques électriques – pour sortir son butin du sac en papier qu'elle avait rapporté. Des patates, de la poudre d'oignons (à défaut d'avoir pu trouver de vrais oignons), des œufs (elle espérait qu'ils sortaient bien du cul d'une poule mais à ce stade, elle était prête à faire des concessions), et même un peu de fromage. Grand luxe.


   
Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
Maybe magic broke her mind
avatar
Jane A. Kippling
❝ Maybe magic broke her mind ❞
Messages : 106 Points : 1178 Date d'inscription : 31/03/2017 Age : 18
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day: Devil May Cry
❝ Administrer le post ❞
Posté le Sam 6 Mai - 23:37.
La vie continue


Nous étions samedi, et le samedi Jane ne travaillait pas. La boutique affichait fermé. Cela laissait le temps à la propriétaire comme à la vendeuse de recevoir de nouveaux arrivages, ou d’aller elles-mêmes renflouer leur stock. Le bayou et ses environs renflouaient d’herbes en tout genre et c’était courant que Jane soit de corvée « course ». Heureusement, ou pas, le mauvais temps des derniers jours avait abîmé les alentours, et il était dangereux de vouloir s’aventurer dans les marécages.

En parlant de marécages… la salle de bains de l’appartement pouvait remporter la palme du meilleur sosie. Il ne manquait plus que les alligators et on y était. On pouvait reprocher beaucoup de choses à la sorcière, elle n’en était pas moins à cheval sur la propreté. Bien que la boutique n’en soit pas le parfait exemple, son presque chez elle était généralement propre. Les dégâts de l’Apocalypse et Ava, sa colocataire apportaient juste assez de désordre humain pour que l’intérieur ne ressemble pas à une publicité. Jane avait décidé de s’occuper de la salle de bains. Cette odeur de bouc mort et ces tâches d’humidité attaquaient son stress, et ça lui était insupportable.

Jane avait profité de ce jour de congé pour tester de nouveaux sortilèges en l’absence de sa voisine de chambrée. Elle espérait empêcher les mauvaises odeurs, les fissures et les fuites et s’imaginait que sa magie primaire viendrait au moins à bout de ça.
Et là voilà, à la fin de la journée elle y était encore. Ses cheveux avaient été relevés en un chignon hâtif, et elle avait couvert son bas de visage à l’aide d’un bandana. Elle voyait d’ici Ava ricaner doucement en lui faisant remarquer que pour l’imiter, il faudrait mettre le tissu sur le haut du crâne. La brune était un peu la sœur qu’elle n’avait jamais eue. Affronter la vie à deux, avoir une présence quand on rentre le soir, quelqu’un à appeler en cas de galère, ça n’avait pas de prix. Enfin peut être un peu. Elle ne comprenait toujours pas vraiment en quoi elle avait mérité Certains aspects de son aînée n’étaient pas si simples à gérer.
Aussi, quand elle entendit le cliquetis des clés résonner dans la cage d’escalier, Jane ne fut pas surprise d’entendre marmonner. Elles avaient ça de différent : l’ouïe. Alors que l’une l’avait considérablement développée, l’autre l’avait un peu usée.

Jane appliqua la dernière couche de joint (elle s’était résignée à faire ça à l’aide de la vieille méthode). En se relevant, le résidu d’eau qui s’était échappé des fissures dans la plomberie rencontra son pied et elle trébucha :

- 死ね !!(1) lâcha-t-elle.

Au même moment, d’autres mots parvinrent à ses oreilles. Ava était d’un tempérament assez… Comment dire ? Elle tenait rarement compte des conseils/ordres/recommandations en tout genre. Jane se faisait violence de capter son attention en ce qui concernait les injures et autre blasphèmes. Les japonais d’ordre général pestent très peu, voir jamais. Comme plutôt, ça n’empêchait pas Jane de laisser s’enfuir deux trois mots morts quand son corps lui rappelait sa maladresse. Pour autant, ses coutumes l’empêchaient de tenir un langage aussi fleuri que sa chère colocataire. Elle le lui reprochait d’ailleurs assez souvent, sans être réellement écoutée :

- Qu’est-ce qu’on a dit pour les jurons Ava ? murmura Jane pour elle-même.

Elle aperçut son grimoire plus loin, et se dépêcha d’aller le ranger en faisant gare à ne pas tomber une nouvelle fois. Ava ne devait pas tomber dessus. Elle revint dans la salle de bains pour terminer de nettoyer quand elle entendit sa coloc juive :

- Jane ? T'es dans le coin ? J'ai ramené le dîner.

- Parfait ! répondit-elle.

Mais Ava ne risquait pas de l’entendre. Le bandana étouffait sa voix et la presque surdité de sa voisine n'y arrangerait rien. Dans tous les cas, Jane était heureuse d’avoir quelque chose à manger. Elle n’avait pas pris le temps de préparer quoi que ce soit, et lorsqu’elle crut entendre parler de la… trucs, elle sut que ce serait un bon repas. Ces machins lui avaient énormément plût à Noël (mince, Hanoukka). Au fond d’elle, Jane savait qu’elle tuerait pour des sushis, mais NOLA n’offrait pas le luxe de se fournir en thon rouge, encore moins en saumon. De toute manière elle aurait été seule à apprécier un dîner comme celui-là : Ava était végétarienne. C’était bon pour son régime d’avoir une « maman » pour s’occuper de tout ça, elle y pensa en souriant. Jane rinça la serpillière et ouvrit la fenêtre avant d’aller rejoindre son amie. Elle enleva son masque de fortune et passa ses gants sous l’eau pour les enlever à leur tour. Puis, la sorcière s’assit dans la cuisine avec sa colocataire.

- Ça a été ta journée ? Tu rentres bien tard.

Elle ne put s’empêcher de remarquer la fatigue accrochée au visage de la brune, mais elle n’ajouta rien.









(1) : (shine = crève !)





Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
It's a cold and it's a broken Hallelujah
avatar
Ava Federmann
❝ It's a cold and it's a broken Hallelujah ❞
Messages : 158 Points : 361 Date d'inscription : 03/05/2017 Age : 24 Localisation : Allemagne
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day:
❝ Administrer le post ❞
Posté le Dim 7 Mai - 14:08.
Ava observa d'un œil amusé l'arrivée de Jane dans la cuisine. Effectivement, l'envie lui prit de faire une remarque sur le bandana mais elle jugea plus intelligent de fermer sa grande bouche, pour une fois dans sa vie. Après tout, Jane l'avait probablement entendue jurer comme un charretier et il était sans doute mieux de ne pas aggraver son cas. Elles se disputaient rarement mais certaines différences culturelles, comme la tendance de l'une à proférer des insanités pour n'importe quelle raison, pouvaient parfois virer en petits accrochages. Ce soir-là, elle n'avait pas franchement l'énergie de jouer à qui serait la plus piquante.

« J'ai été chercher du taf, » expliqua-t-elle en épluchant les pommes de terre. « Sans résultat, d'ailleurs. Soit ils n'ont pas les moyens de payer, soit ils sont trop bizarres pour moi. » Et ce n'était pas peu dire – Ava avait tendance à ne jamais rien remarquer, y compris l'étrangeté des gens. Si elle avait eu l'instinct d'éviter les lieux trop dangereux, c'était qu'ils étaient vraiment inquiétants.

D'ailleurs, elle ne fit pas le lien entre l'étrange accoutrement de sa coloc et la diminution notable de l'odeur de cadavre dans l'appartement. Son cerveau n'était pas en état d'additionner les deux données et d'en tirer une conclusion logique.

« T'as de la chance d'avoir la boutique, » continua-t-elle en farfouillant à la recherche de la râpe qui devait être planquée quelque part. « Au moins, t'as un job fixe. » Elle n'avait pas l'ombre d'une idée de ce que Jane vendait exactement et elle respectait l'intimité de sa colocataire et petite sœur d'adoption – beaucoup trop pour l'assaillir de questions sur le sujet.

Elle grommela à nouveau un juron en ne retrouvant pas la râpe. La plupart du temps, la cuisine était son domaine plus que celui de Jane, elle faisait la plupart des repas et laissait par conséquent l'endroit dans un état de délabrement avancé. Elle ne cessait de dire que c'était sa façon de ranger et que par conséquent, toute tentative de déplacer les choses lui compliquerait la tâche, mais Jane aimait l'ordre et la propreté. Suffisamment pour, parfois, craquer et décider de donner un coup à la cuisine. D'où l'absence de la râpe à l'endroit où elle était censée se trouver.

« Et crotte, » grommela-t-elle. « Tu sais où est la râpe ? T'as passé une bonne journée ? On dirait que tu reviens d'une soirée déguisée, » remarqua-t-elle en farfouillant dans un tiroir (un tiroir qui normalement ne contenait pas de râpe mais avec Jane, on ne pouvait être sûr de rien).

Elle mit la main sur ladite râpe pile au moment où son cerveau faisait enfin la connexion entre l'accoutrement de Jane et la diminution de l'odeur. Dans un dessin animé, une ampoule se serait allumée au-dessus de sa tête – en l'occurrence, son expression faciale fut une reproduction assez fidèle de l'effet.

« Oooh ! T'as fait la salle de bain ! Merci merci merci merci ! »

Oubliant totalement qu'elle était censée être en train de faire le dîner et sans laisser à Jane l'occasion de répondre à ses déblatérations (quelque chose d'assez fréquent en soi), elle se précipita vers la salle de bain pour voir le résultat. Ce qui devait arriver arriva : la flaque d'eau et son pied droit eurent une rencontre passionnée et brève, elle glissa et tomba en arrière. Allongée sur le sol, elle prit quelques secondes pour considérer ses choix de vie.

« … T'as fait du super travail, » dit-elle d'une voix enrouée par la douleur qui se propageait de son coccyx à ses omoplates. « C'est trop beau. Tellement que si ça t'ennuie pas, je vais rester allongée là pendant une minute ou deux. »

Parfois, elle se demandait sérieusement comment Jane faisait pour la supporter au quotidien.


   
Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
Maybe magic broke her mind
avatar
Jane A. Kippling
❝ Maybe magic broke her mind ❞
Messages : 106 Points : 1178 Date d'inscription : 31/03/2017 Age : 18
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day: Devil May Cry
❝ Administrer le post ❞
Posté le Dim 7 Mai - 22:47.
La vie continue


Jane écoutait sa colocataire lui raconter son avancée dans la recherche d’emploi. Cela n’avait pas été bien concluant. Elle acquiesça à ses dires. La corruption des plus offrant n’était pas si bien dissimulée, il était presque facile de démasquer qui y adhérait. La jeune femme évitait de tremper dans ce jus là généralement, et c’était bien parce qu’elle n’avait pas le choix qu’elle fermait les yeux sur certains agissement. Le propriétaire de leur appartement en était le parfait exemple. C’était un homme bedonnant et vicieux comme pas croyable. On pourrait même dire qu’il était carrément pervers. Dans un sens, c’était pour le mieux : Deux jolies locataires comme elles n’avaient jamais de remarques sur leur loyer en retard :

- T'as de la chance d'avoir la boutique, fit-elle. Au moins, t'as un job fixe.

- Hm. La patronne est clean avec moi, même si je ne te la recommanderais pas. Trop bizarre pour toi je dirais.

Jane sourit, mais son expression changea un bref instant, se voilant d’appréhension. Le mieux qu’elle aie trouvé à  dire un jour à sa grande sœur, c’était qu’elle vendait du thé pour les rhumatismes et les peines d’amour. Ça avait été ce qui se rapprochait le plus de la vérité. Elle la regardait chercher dans les placards et tiroirs à la recherche de dieu sait quoi. Le petit coup de propre qu’elle avait donné à cette cuisine lui avait fait le plus grand bien. Cependant, Ava semblait embarrassée. La jeune japonaise n’était pas spécialement une adepte du rangement. En fait, c’était davantage l’hygiène qui la préoccupait. Depuis qu’elle avait trouvé une de ces blattes dans le placard, elle s’inquiétait de la composition de chaque pot, sachet, boîte… Ah ça ! Elle pouvait laisser une pièce sans dessus-dessous, des objets dans tous les coins, mais elle DEVAIT savoir que l’environnement restait propre. Ainsi, elle passait un coup de plumeau de temps à autre, ce qui n’était pas pour plaire à Ava. Chacune avait son propre bazar organisé, et ils manquaient quelque fois de… coordination.
Ava se démenait, elle l’autre comprit enfin de quoi il ressortait. La râpe. Pour le fromage, c’était ça. "Moui, pensa Jane,  c’est vrai que le tiroir de gauche n’était pas le meilleur endroit pour la ranger." Au fur et à mesure que la brune farfouillait, Jane tentai des interruptions pour l’avertir de là où chercher. Cela se traduisait par des presque gestes, que l’asiatique réprimait chaque fois qu’Ava ajoutait quelque chose. Finalement, après lui avoir demandé comment s’était déroulé l’après-midi sans manquer de plaisanter sur son bandeau, qu’elle avait enlevé, Ava tilts. Au sens propre. Quelque chose s’était allumée en elle comme un mini feu d’artifice. Un courant d’air passa quand elle quitta la cuisine en quatrième vitesse. En effet, la réaction avait été longue, mais satisfaisante. Jane souriait fièrement en rejoignant la juive brune dans le lieu-dit. Sur le chemin, elle entendit un grand boom qui la fit fermer un œil. La flaque ne devait pas être si bien essorée… Jane trottina jusqu’à l’encadrement de porte, inquiète tout de même. Elle se retint de pouffer à la vue de cette grande brune allongée par terre. Non, ce qui était sûr, c’est que jamais Jane ne s’ennuierait comme du temps de son apprentissage grâce à elle. Une tornade sur deux jambes.

Elle prit le compliment sans rechigner, s’agenouillant au sol derrière sa tête pour lui faire une grimace.

-Merci, mais non tu ne vas pas rester là. Ranges ta fierté va, laisse-moi t’aider à te relever tu vas être trempée.

Jane était une calculatrice. Elle l’était dans le bon comme dans le mauvais, tout ça pour dire qu’elle imaginait toujours des millions de combinaisons possibles de ce qui allait se passer, pourquoi, comment, avec qui…

- Après tu vas tomber malade, poursuivit-elle avec un air sérieux. Tu vas rester dans le canapé une semaine, prendre du poids, ne pas trouver de job, sans pouvoir vendre des photos aguicheuses sur internet pour subsister. Ah, et le câble a été coupé soit-dit-en-passant.  

Jane riait joyeusement. Cette histoire était triste mais elle n’avait pour but que de faire rire son amie. Elle n’avait pas eue de chance, pour une maladroite dans l’âme, Jane était tombée sans s’abîmer. Elle désirait se vanter un peu du travail accompli, désignant la salle de bains du menton :

- De rien, ça fera cinquante dollars.

A ces mots, elle voulu s’appuyer le coude sur l’encadrement mais le manqua, et s’étala sur le flanc. Elle souffla sur une mèche retombée devant ses yeux avec agacement, mais le regard surpris d’Ava provoqua un fou-rire monstre chez elle.





Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
It's a cold and it's a broken Hallelujah
avatar
Ava Federmann
❝ It's a cold and it's a broken Hallelujah ❞
Messages : 158 Points : 361 Date d'inscription : 03/05/2017 Age : 24 Localisation : Allemagne
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day:
❝ Administrer le post ❞
Posté le Lun 8 Mai - 18:46.
Trop bizarre pour toi... Ava en doutait sérieusement. Sa colocataire n'avait pas la moindre idée du degré de « bizarre » qu'elle était disposée à accepter et ce, même avant de découvrir sa petite particularité. Passer son enfance à entendre son père et son grand-père paternel discuter du Golem et d'autres formes de magie kabbalistique avait façonné sa vision du monde et l'étrange ne lui avait jamais paru si étrange que ça. De fait, elle s'en rendait assez rarement compte. Le monde dans son intégralité lui échappait dans l'immense majorité des cas. Par exemple, leur proprio : elle l'avait rencontré de nombreuses fois, il avait quasiment mis le nez dans son décolleté à chaque occasion, elle n'avait toujours pas capté. C'était sans doute mieux. Si ses deux neurones se connectaient suffisamment longtemps pour faire l'association proprio = pervers, les conséquences la mèneraient dans la rue en moins de temps qu'il ne fallait pour dire « tatane dans la tronche ».

C'était dans ces réflexions pleines de bon sens qu'Ava se trouvait, étendue par terre avec les bras en croix, quand Jane s'approcha pour lui offrir son aide. Elle fut d'abord tentée de faire semblant de ne pas avoir entendu mais jugea que sa coloc méritait quand même mieux et choisit donc la solution adulte et mature de lui tirer la langue.

« Ca me dérange pas de prendre du poids, être gros c'est joli, et en plus j'aurai encore plus de boobs. Et mon patron ose pas me virer parce que je suis handicapée et Juive. Faut bien que ça ait quelques avantages, » dit-elle avec un sourire rogue. Généralement, cette combinaison ne lui avait apporté que des ennuis depuis sa naissance, l'antisémitisme et le validisme étant encore fermement ancrés dans les mœurs. Si elle pouvait en tirer quelques bénéfices en utilisant sa religion et son état de santé pour garder son travail, elle n'allait surtout pas se priver.

Par contre, l'idée des photos aguicheuses l'interpella. Après tout, elle avait le physique pour, quoique peut-être de quelques tailles trop enveloppée – mais ça c'était pour être mannequin, non ? Bon, elle était à peu près certaine que ça allait à l'encontre d'au moins une des six cent et quelques règles qu'elle était censée suivre et que son rabbin aurait froncé les sourcils de la savoir en train de considérer le travail du sexe pour survivre mais elle était également presque certaine qu'il y avait un passage disant qu'un Cohen avait un devoir de subsistance. Ou quelque chose comme ça. De toute façon, les textes juifs étaient flexibles et l'avaient toujours été, ils étaient sujets à d'interminables débats qu'elle avait toujours adorés, et il devait bien y avoir un moyen de prouver que vendre des photos coquines sur internet était un moyen de survivre acceptable.

Mais bon, le câble avait été coupé, donc pas la peine de faire des plans sur la comète. Elle poussa un grognement et roula sur le ventre, levant la tête pour regarder la mine pince sans rire de son amie.

« J'ai pas cinquante balles et si je les avais ce serait pour une bouteille de gin. Jpeux payer en nature ? » rétorqua-t-elle en faisant mine d'agiter son poitrail de façon pseudo aguicheuse – plus ridicule que réellement séduisante, ce qui était tout à fait le but. Étrangement, si Jane aurait pu être tout à fait son type (la plupart des filles l'étaient), elle n'avait jamais eu ce genre d'idée vis-à-vis d'elle. D'emblée, Jane était devenue sa petite sœur de cœur, sa protégée, son amie. Bien sûr, leurs dix ans de différence jouaient dans cet état de fait, mais pas seulement. Dans un bref moment de lucidité passablement rare, Ava se dit qu'elle aimait beaucoup trop Jane pour lui faire des avances.

Et puis Jane brisa ce grand moment de réalisations émotionnelles en s'étalant à son tour. Ava la fixa un instant d'un air ébahi avant de partir dans un fou rire tonitruant que tous leurs voisins devaient certainement entendre, roulée en boule sur le sol, les larmes aux yeux. C'était juste trop beau. D'une pureté inégalable. Et un moment de pure hilarité, un moment très simple et heureux comme il n'y en avait plus tellement.

Elle se souvint d'un jour un peu similaire. Il faisait gris, la vie n'était pas simple, les factures en retard, l'électricité coupée suite à une tempête certes bien moindre que Katrina mais tout de même dévastatrice, et elles avaient trouvé quelques bougies chauffe-plat pour faire de la lumière. Ava n'aurait su dire laquelle des deux avait pensé que mettre des marshmallows à griller dans la flamme de la bougie était une idée pragmatique et intelligente, toujours est-il qu'elles se retrouvèrent à devoir gratter des résidus de marshmallow cramé sur le sol à deux heures du matin en riant comme des baleines.

« Bon, » réussit-elle à dire entre deux hoquets de fou rire, « tu sais quoi, je crois que la gravité est contre nous aujourd'hui. Je propose qu'on se trouve des sacs de couchage et qu'on s'enveloppe dedans et qu'on devienne des chenilles. Les chenilles c'est cool et ça a pas de factures. » Son rire s'amplifia encore, parcouru de petits reniflements peu élégants. Pour ponctuer son propos, elle tenta d'imiter le mouvement d'une chenille en direction de la cuisine, avec un résultat passablement... inefficace. Quelle poisse. Si au moins les latkes pouvaient se faire tous seuls !


   
Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
Maybe magic broke her mind
avatar
Jane A. Kippling
❝ Maybe magic broke her mind ❞
Messages : 106 Points : 1178 Date d'inscription : 31/03/2017 Age : 18
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day: Devil May Cry
❝ Administrer le post ❞
Posté le Mar 16 Mai - 22:33.
La vie continue


Jane l’avait observé avant qu’elle ne soit à terre à sn tour ? Elle semblait noyée dans une grande réflexion. Une introspection. Un mystère, une question existentielle. Puis, elle était repartie à rire et plaisanter. Payer en nature ? Jane sourit bizarrement quand Ava creusa le dos.

- Tu sais qu’à part me filer des complexes tu ne fais pas grand-chose ?

Les deux amies plaisantaient joyeusement. Le courant qui passait entre elles depuis le premier jour était presque évident. La même sorte de folie les animait, et leurs différences, bien que nombreux, n’étaient que les rebords de deux pièces d’un puzzle. La sorcière pensa alors que sans doute elle ne retrouvait jamais quelqu’un d’aussi accordé à elle.
Parfois, Jane pensait à toutes les épreuves qu’ava avait dû traverser. Elle se rendait compte qu’à côté, sa vie était une réussite. C’est bien connu, on cherche toujours à se plaindre, mais là l’herbe voisine n’était pas plus verte. S’ennuyer quand on est enfant n’est qu’un moindre mal. La discrimination quotidienne qu’Ava pouvait subir avec  son handicap et sa religion, en plus d’être une femme, était une des choses qui changeait la nature calme et tranquille de la sorcière.

Si elle avait pu, elle lui aurait créé un sortilège rien que pour ça. La jeune femme avait longtemps imaginé des maux de têtes immédiats pour chaque mot connoté antisémite, insultant. Mais le risque était trop important et Jane ne souhaitait pas qu’Ava connaisse son identité surnaturelle. Pas tout de suite en tout cas.

Après sa chute, deux rires s’évaporèrent dans l’air, comme des feux d’artifices. Des morceaux de ciel bleu parmi la brume. Les blagues et mimiques d’Ava empêchaient le rire de Jane de faillir, si bien qu’elle ne sentit bientôt plus la fraîcheur du carrelage de leur salle de bains. Les fringues mouillées n’importaient plus non plus.

- Bon, mademoiselle chenille, alors voir comment se portent vos chères patates. Il me tarde de remanger de vos… ? Latés ?

L’aidant à se remettre debout, Jane se dirigea vers la cuisine pour prendre un torchon, elle se dépêcha d’aller essuyer cette fichue flaque puis rejoignit de nouveau son amie.

- Alors qu’est-ce que je dois faire ?

De bonne grâce, elle lava ses mains et s’assit à table où tout était déjà sorti. Elle adorait les moments où elles faisaient des activités ensemble. Même si c’était souvent catastrophique. Il y avait une fois où elles avaient fait rôtir des marshmallows, ça avait été tellement inspirant. Jane avait fait couler le sien par terre, une des lattes du plancher en portait encore la preuve.





Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
It's a cold and it's a broken Hallelujah
avatar
Ava Federmann
❝ It's a cold and it's a broken Hallelujah ❞
Messages : 158 Points : 361 Date d'inscription : 03/05/2017 Age : 24 Localisation : Allemagne
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day:
❝ Administrer le post ❞
Posté le Jeu 25 Mai - 10:01.
Tous ces rires avaient fatigué Ava. Une bonne fatigue, pleine de douceur et de chaleur, comme une étincelle au creux de son cœur. C'était un sentiment rare auquel elle ne se laissait pas souvent aller, parce que ça aurait pu signifier un moment de faiblesse et elle ne pouvait pas se le permettre. Les Federmann n'étaient pas faibles, ne se laissaient jamais adoucir, ils se battaient jusqu'à l'extrême limite de leurs forces. Même si ça signifiait parfois s'interdire de ressentir.

Pop et Ma étaient comme ça. Ils ne montraient jamais leurs émotions, ils restaient dans la réserve, même avec leur fille. Elle n'avait jamais douté de leur amour et de leur dévouement, tout au contraire, mais les câlins et les mots d'affection avaient toujours été denrée rare. Jane était différente. Jane était une boule d'énergie et de gentillesse qui, oui, était capable de mordre avec férocité, mais savait aussi laisser de côté la force pour montrer son doux sourire. En cela, la jeune fille faisait beaucoup de bien à Ava. Elle était peut-être la seule personne au monde à pouvoir lui arracher quelques bribes de discours émotionnels.

« Des latkes, »
dit Ava avec un sourire en se relevant. « Lattes, c'est chez Starbucks, et c'est dégueu. »

La jeune femme avait le sucre en horreur. Surtout dans son café, qu'elle prenait noir, serré et de préférence à la limite du solide. Un voisin Turc avait préparé le café pour sa famille quand elle était adolescente et depuis, elle n'avait jamais réussi à apprécier autre chose.

« Si tu veux m'aider, prend un quart des patates et râpe-les. Te coupe pas, » prévint-elle tout en sachant que Jane s'appliquait suffisamment à la tâche pour éviter ce genre d'inattention. De son côté, elle entreprit de hacher le restant des patates. Ça aussi, ça lui rappelait son enfance. Préparer les latkes de Hanouka avec Ma avait toujours été un de ses petits plaisirs secrets, quand les autres enfants du quartier râlaient de toutes leurs forces de devoir participer aux tâches ménagères même à Hanouka. La fête avait beau ne pas être la plus importante du judaïsme, sa proximité avec le Noël chrétien en avait fait une célébration attendue par tous les enfants qui amalgamaient les deux sans s'interroger sur les différences.

C'était un moment paisible. Elle avait appris à redouter ces moments parce qu'ils signifiaient que ses défenses étaient minimes, qu'elle était susceptible d'incorporer un esprit à tout moment. À cette idée, tout son corps se raidit et ses gestes se firent plus mécaniques. Il ne fallait pas que ça se produise, pas devant Jane. Sa colocataire avait déjà vu quelques incidents et Ava avait réussi à les faire passer pour du surmenage, de la fatigue, les effets d'une dépression sévère jamais traitée, sans avoir la certitude que Jane l'avait crue. La jeune fille était bien des choses mais elle ne manquait pas de talents d'observation ou de déduction.

Elle les sentait proches. Les âmes des défunts qui erraient dans la Nouvelle Orléans, piégées sans doute par la bouche des enfers, à la merci de toute créature qui leur voudrait du mal. Une part d'elle aurait voulu les laisser parler par sa bouche quand elles le désiraient et apprendre à les aider, à leur permettre de reposer en paix. L'autre partie, majoritaire, aurait très largement préféré qu'on lui foute la paix et qu'on lui permette d'être une personne normale.

Le bourdonnement au fond de son crâne indicateur d'une incorporation proche se fit sentir. Elle lâcha immédiatement le hachoir avec lequel elle tourmentait les patates et s'éloigna de la cuisine, tremblante à force de retenir l'esprit aussi loin que possible et sans aucune certitude d'y parvenir.

« Je... faut que... j'aille aux toilettes, » improvisa-t-elle d'une voix chancelante. « Je reviens tout de suite. Enfin, peut-être. Je crois. »

Elle marcha d'un pas vif jusqu'à la salle de bain – enfin accessible maintenant que leurs vêtements avaient absorbé le gros de la flaque.

Et, à deux pas de la porte, stoppa net, tête baissée. Trop tard.


   
Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
Maybe magic broke her mind
avatar
Jane A. Kippling
❝ Maybe magic broke her mind ❞
Messages : 106 Points : 1178 Date d'inscription : 31/03/2017 Age : 18
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day: Devil May Cry
❝ Administrer le post ❞
Posté le Mar 13 Juin - 13:05.
La vie continue


- Des latkes. Lattes, c'est chez Starbucks, et c'est dégueu.

Jane haussa les épaules sans relever. De toute manière elle n’aimait pas le café tout court. Le thé c’était bien meilleur et on pouvait presque le faire soi-même. Jetant un œil à la bassine, elle s’attela à la tâche, tout sourire. Peler les patates était une activité toute simple, mais jamais ses parents ni les employés de maison de l’avaient laissé faire. Jane n’était pas une princesse mais ça avait été tout comme. En fait, si on avait pu l’enfermer dans une cage dorée pour que jamais il ne lui arrive rien eh bien… Non seulement sa famille aurait appliqué les consignes à la lettre, mais en plus elle y serait encore. Un frisson d’effroi lui parcourut l’échine et elle manqua de lâcher son économe. Il y avait des passes comme celle-là où Jane imaginait un énième scénario de ce qu’aurait été sa vie à New York. Et chaque fois, elle se disait qu’elle préférait ne pas y penser. Mais la situation était cocasse, si sa famille voyait dans quelles conditions elle vivait, avec une femme portée sur le langage fleuri et… les femmes, tous feraient une syncope.
Un « clac » la sortit de ses contemplations de pommes de terre et elle leva les yeux vers Ava :

- Tout va bien ? fit-elle inquiète en voyant ses yeux se perdre dans une immensité invisible et son teint devenir blême.

Ava lui bredouilla deux trois trucs, comme quoi elle allait à la salle de bains, mais Jane n’eut pas le temps de répliquer que son téléphone sonna. Esmée. Jane s’empressa de s’essuyer les mains et d’aller récupérer son précieux portable/appareil photo/carnet de note, pour répondre. Elle salua la sorcière avant de chercher dans sa chambre la caisse qui contenait les ingrédients. Le safran et les baies passaient tout à fait inaperçues, c’était des compléments cuisines tout à fait ordinaire, en plus de concentrer les secrets d’une préparation magique réussie. Jane confirma à la rousse qu’elle pouvait passer prendre ces derniers :

- Euh je ne sais pas, dès que tu peux. Oui…Oui… En fait j’en avais dans une réserve… D’accord Esmée.

Jane erra dans la pièce jusqu’à tiquer. Ava ne bougeait plus. Là, dans l’encadrement de porte, elle semblait s’être arrêtée. Alors sans réfléchir, Jane raccrocha se s’approcha de son amie.

- Ava, tu n’as pas l’air dans ton assiette.

Jane fit un nouveau pas, et Ava tourna lentement la tête. La sorcière ne le savait pas, mais ce n’était même plus l’ombre de son amie.





Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
It's a cold and it's a broken Hallelujah
avatar
Ava Federmann
❝ It's a cold and it's a broken Hallelujah ❞
Messages : 158 Points : 361 Date d'inscription : 03/05/2017 Age : 24 Localisation : Allemagne
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day:
❝ Administrer le post ❞
Posté le Mer 14 Juin - 18:46.
[ Trigger warning sur ce post pour des mentions de violences faites à un enfant ]

Ava n'entendit rien du coup de téléphone entre Jane et son amie – Esmée, un nom qui lui aurait vaguement dit quelque chose dans d'autres circonstances mais ne lui effleurait pas même l'esprit. Son esprit ne lui appartenait plus, pas plus que son corps.

Elle fut envahie d'une puissante nausée et tomba à quatre pattes, vomissant tripes et boyaux sur le sol fraîchement nettoyé du salon. En temps normal, elle se serait haïe pour ce geste et aurait tout de suite attrapé une serpillère pour nettoyer mais sa réaction immédiate fut de fondre en larmes, pleurant comme un enfant. Il y avait tellement de douleur, de souffrance, de confusion. Et de la peur aussi, la peur d'être punie, parce que papa n'aimait pas quand ça arrivait, papa la trouvait dégoûtante, papa en avait assez des nausées et des vomissements.

Elle savait que c'était pour son bien que maman lui faisait boire ce produit tous les soirs. Parce que sinon, elle allait devenir grosse et moche, elle n'aurait jamais d'amis et de mari, elle serait toute sa vie la risée de tout le monde. Maman était gentille et elle voulait juste son bien. C'est vrai qu'elle était grasse, elle avait de bonnes joues, un bidon tout rond, et puis ses jambes étaient toutes potelées. Les autres filles de son école étaient plus élancées, plus grandes, plus jolies. Elles riaient beaucoup d'elle et elles étaient méchantes. Elles disaient qu'elle devrait arrêter de manger pour ne plus ressembler à un cochon. Elles avaient raison. Alors elle avait arrêté de manger et puis elle disait à maman qu'à l'école tout allait bien et puis monsieur le docteur disait que c'était bien de perdre du poids.

Bientôt elle entrerait au collège, en plus ! Elle voulait vraiment aller au collège parce que ce serait comme dans les films sur Disney Channel. Et quand elle irait au collège, elle serait mince et elle aurait des jeans de marque et même peut-être elle se maquillerait. Maman serait fière. Mais maman n'était pas là ? Où était maman ? Il n'y avait que cette dame qui était Chinoise et jolie, peut-être elle l'aiderait.

« Dis Madame, est-ce que tu sais où est maman ? Elle a dit qu'elle viendrait me chercher et je sais pas où je suis... Et papa va pas être content que j'ai vomi par terre... Tu vas pas me gronder hein ? »

Les larmes coulaient toujours sur ses joues et sa bouche avait le goût de vomi. Peut-être que la dame serait assez gentille pour lui faire un lait-grenadine et que papa ne la trouverait pas. Maman était triste, elle se souvint... parce qu'il y avait la petite boîte dans laquelle on l'avait mise...

Un hurlement de terreur et de détresse s'échappa de la gorge d'Ava – et elle reprit finalement le contrôle. Haletante, les yeux humides et l'acide de sa propre bile sur la langue, elle choisit de rester quelques instants à terre pour la deuxième fois de la soirée. Elle faisait encore moins confiance à ses jambes que d'ordinaire. Cette possession était assez nouvelle pour elle. Au moins, c'était un changement par rapport aux habituels poltergeist vulgaires et souvent agressifs mais elle n'était pas certaine de préférer cette option. L'enfant qu'elle avait accueillie pendant quelques minutes avait tellement souffert, tellement... et sa douleur se réverbérait toujours entre les côtes d'Ava comme une musique lancinante qui refusait de s'échapper.

« Et merde... » grogna-t-elle en voyant le résultat de sa possession étalé par terre. « Jane, jsuis désolée, je sais pas trop ce qui m'a pris. Le stress, sans doute. Jvais m'occuper de nettoyer ce bordel. Dans une minute... »


   
Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
avatar
Ô Dieu Connard
❝ Admin ❞
Messages : 510 Points : 5311 Date d'inscription : 02/10/2015
❝ Info + ❞

Feuille de personnage
Relations:
Song of the day: Eye Of The Tiger - Survivor, Holding On For A Hero - Bonnie Tyler, Smooth - Santana ft Rob Thomas, Living On A Prayer - Bon Jovi, The Final Countdown - Europe, Bad - Michael Jackson, Gonna Need A Graves - Urban Country, Total Eclipse Of The Heart - Bonnie Tyler, Empire of Our Own - Raign, Don't Stop Me Now - Queen, Everybody Wants To Rule The World - Lorde
http://houseofhell.forumactif.com
❝ Administrer le post ❞
Posté le Hier à 14:37.
Bonjour,

   Le RP n'a pas de réponse depuis au moins un mois, faut-il l'archiver ? Si c'est le cas, pensez à prévenir dans le sujet adéquat. S'il n'est pas terminé, n'oubliez pas votre partenaire de jeu :beuh:
Revenir en haut Aller en bas
❝ Contacter le joueur ❞
❝ Info + ❞
❝ Administrer le post ❞
Posté le .
Revenir en haut Aller en bas
 

La vie continue [Jane]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Une punition méritée, vraiment? [Jane]
» La vie continue (Privé Antéa)
» Jayden Cole vs Jesse Jane
» Pendant les travaux, l'exposition continue (Lucia)
» Jane, la gaffe ... (pv Isabell / Libre)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
House Of Hell :: New Orleans :: West Quarter :: Habitations-