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  Through the sorrow all through our splendor, don't take offence at my innuendo - BASTIAN

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Just imagine a trip to a wonderful land
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Jimmy L. Allistair
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Posté le Sam 8 Avr - 15:14.
release your mask


Quelle étrange rencontre.

Voilà ce que je retenais de cette déplaisante soirée où je m’étais fait entraîner aux portes d’un hôpital - lieu le plus sordide que je puisse imaginer. Il avait forte tendance à me rappeler que la mort avait déjà frappé à ma porte une fois ; une fois de trop. Voilà qu’après une longue et ennuyeuse soirée à bosser - toujours dans ce vieux rad pourri, ne changeons pas les bonnes (ou mauvaises) habitudes - je m’étais retrouvé entraîné dans une histoire que je peinais toujours à comprendre dans sa totalité. J’avais l’horrible impression d’avoir été un pion, d’avoir été dans un dîner de cons. J’avais l’horrible impression d’avoir été aveugle à la réalité de la situation, et qu’elle m’échappait toujours.

J’avais appris des choses, entre temps. Je commençais à peine à m’habituer à cette expérience surréaliste qu’était devenue ma vie ; je peinais toujours à croire aux esprits. Et je n’avais pas souhaité sortir de mon déni concernant le reste des bestioles magiques et anormales qui hantaient ces rues.
Mais ma curiosité, elle, n’entendait rien. Ma curiosité avait besoin d’être assouvie, satisfaite, et je n’avais jamais supporté être pris pour un con - et encore moins pour une petite souris, pour une proie sans même m’en rendre compte. Cela m’avait déjà causé quelques problèmes - que Jaimie avait toujours su résoudre à ma place. Aujourd’hui j’étais seul, et j’avais toujours plus besoin de réponses. Et puis… Peut-être qu’un peu de danger me ramènerait à la vie.

Je me demande toujours si mon instinct avait raison d’être mal à l’aise, si j’avais eu raison de fuir devant cet hôpital - ou si ma paranoïa naissante avait pris le dessus sur ma raison. Mais c’était une horrible impression dont je ne pouvais me défaire, et que j’avais besoin de mieux appréhender ; de comprendre ; de revivre. Pourquoi ? Voilà une question à ajouter à la liste de mes contradictions. J’avais mis cette étrange histoire de côté quelques temps durant, avant de finalement me décider à tirer tout cela au clair. Je pouvais imaginer d’ici le regard désapprobateur de Jaimie.

Cette pensée me serra un peu le coeur - alors je la chassais très vite, la filtrais aussi vite que possible. Il s’agissait de survie, de ne pas penser que… Que peut-être il était parmi nous, que peut-être il était ici. Que peut-être Jaimie était perdu dans la Nouvelle-Orléans, à ma recherche. Que peut-être je.. Que peut-être un jour, j’allais pouvoir le regarder à nouveau. Lui parler. Même la simple idée d’entendre ses pensées me révulsait moins s’il s’agissait de Jaimie. Peut-être, peut-être, peut-être. Je vivais en me défonçant à l’espoir. Et en buvant de l’alcool. Un peu.

Et c’est ce raisonnement si complexe et fâcheux, complètement non-assumé, qui m’amena, un soir d’ennui particulièrement intense, à prendre le fameux numéro de l’inconnu de l’hôpital. J’hésitais une bonne minute avant de sauter à l’eau et de sortir mon téléphone pour lui envoyer un message.

« Hey.
C’est le mec de l’hôpital, la dernière fois… Comment se porte votre amie? »


Je devais soit avoir un sérieux problème de masochisme, ou alors j’aimais juste revivre des expériences gênantes. Je me prenais à espérer que ce soit un faux numéro, et que mon impulsivité passe inaperçue. Je mordillais ma lèvre et me mis à tourner en rond, nerveux au possible ; bordel, que t’es con, Jimmy. Sérieusement. Incapable de tenir en place, je finissais par sortir dehors et traînais dans la rue, mes pieds me guidant instinctivement à l’Underground - l’autre bar miteux de la ville, vous savez. Histoire de noyer mes conneries dans de l’alcool pas cher. J’entrais dans le bar et m’asseyais à une table dans le fond, commandant un verre de whisky.

J’avais envie de faire des conneries, de m’anesthésier, de me jeter dans la gueule du loup les yeux fermés. Je venais certainement de signer une décharge pour les enfers. Le boy next door que je suis n’était certainement pas fait pour toutes ces conneries.




Je voudrais qu'on remonte les escaliers en courant, qu'on catapulte tous nos vêtements. Bonsoir Que tu me fasse l'amour jusqu'à l'aube et pendant deux mille ans. Je voudrais partager tes nuits j'ai tant besoin qu'on se noie dans les nuits fauves.

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Black Death and Chill
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Bastian A. Lacroix
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Posté le Sam 8 Avr - 19:29.
Ich Tu Dir Weh ✝ Pas encore...

Je suis fatigué, épuisé. Mon état m'anéantit chaque jour un peu plus, et c'est la pire des détresses qui se saisit de moi: la maladie. Ce qui n'était qu'un mal sans raison, des douleurs fantômes, devient une horreur sans nom et sans visage. Je suis comme ceux dont je provoque la mort, vivant avec le songe qu'une fin m'attend, me guette.
Mes doigts se crispent contre le béton glacé du mur face à moi. Les yeux rivés vers le sol trempé par une flaque à l'origine incertaine, je fixe le vide. Un spasme me serre l'estomac, remontant jusqu'à ma trachée qui laisse un sang immonde s'échapper de moi. Ma main libre vient retenir mes cheveux, enserrant entre mes phalanges encrées mes mèches noires. L'odeur de tripes me force à rendre davantage de ce liquide rougeâtre en me laissant une saveur infecte contre le palais.
Je lâche le béton, sans m'en éloigner, faisant quelques pas avant de me laisser tomber contre le sol, le dos contre le mur. Ma paume vient retenir ma tête douloureuse alors que je grimace contre cette migraine ravageuse. J'échappe un gémissement plaintif en essayant de retrouver un calme, même faux. Mes faiblesses me rattrapent trop vite, trop souvent. Je n'ai condamné personne depuis trois jours et déjà je me retrouve au plus bas de mon état. Démon, tu seras un démon.

Conneries.

Je me sens plus vulnérable que jamais, perdu entre ma diabolique entité cachée et mon origine innocente. Déchéance, encore, toujours. Je me sentirais presque tomber de nouveau, rejoindre une cage, un châtiment, là où je n'estime pas avoir commis de faute, pas plus que ne l'a fait mon créateur. Injustice, je lui crache au visage.
Mon crâne vient s'appuyer contre le mur derrière moi, relevant ma mâchoire pour refouler mes envies de cracher tripes et boyaux. Je soupire, fixant l'immensité du ciel au dessus de nous tous. Conneries, ouais.
Je me relève, tête qui tourne, titubant jusqu'à m'appuyer à nouveau contre le mur pour garder un équilibre incertain. Je sors de la ruelle, le regard dans le vague, la vue presque trouble. Je cherche le premier héros involontaire que je peux trouver, la moindre carcasse égarée ne demandant qu'à dire adieu à la vie.
Ma délivrance, je la trouve en cet inconnu bientôt sujet à la mort par maladie. Ne m'en veux pas, je ne t'ai pas choisi, je t'ai seulement trouvé. Un baiser, un seul, et je lui laisse ma souffrance, m'épargnant ainsi un calvaire de plus. Mon regard, coupable, le fixe s'effondrer et périr ainsi avant que je ne parte sans me retourner. Je replace ma capuche sur mes cheveux, croisant les bras comme pour m'étreindre moi-même alors que je m'éloigne d'ici.

Parfois, j'aurais souhaité rester un ange.

Et je m'en veux pour cette seule pensée. Mon existence n'aurait pas eu la même saveur, je n'aurais pas les mêmes folies pour me ravager l'esprit, mais je serais sans doute moins martyre que je ne le suis. Je fronce les sourcils, pensif, rageant contre moi-même. Chaque vertu a son vice, chaque vice a sa vertu. Mais je ne vois en moi que les aspirations démoniaques qu'on m'a assigné. L'équilibre, ce n'est pas pour moi.
Mon portable émet une sonnerie faiblarde depuis le fond de ma poche, vibrant contre mon briquet en signalant un message entrant. En fixant l'écran, je me rends bien vite compte que le numéro m'est inconnu, mais les quelques mots viennent de quelqu'un qui me connaît déjà bien. Je n'ai pas à chercher très loin dans mon affreuse mémoire pour remettre le souvenir de ce type lambda qui avait assisté presque tremblant à la fin de mon amie prétendue. J'avais passé cette nuit à l'hôpital à la regarder s'éteindre, mort cérébrale, les vautours du don d'organes attendant de pouvoir se servir. Ca m'avait rappelé une toute autre époque, une toute autre femme. Je n'avais pas repensé à mon ex-femme depuis des années maintenant. Ou des mois. je n'en savais trop rien...
Mon pouce tapote nerveusement l'écran alors que je réfléchis à une décision rapide. Je réponds immédiatement, sans trop réfléchir, les doigts saisis de tremblements en pianotant sur le clavier tactile.

"Elle est morte."

Comme Elizabeth. A cause de moi. Encore. Je ne peux pas m'en empêcher.
Je soupire, craintif, avant d'envoyer un nouveau message dans la foulée du premier.

"Désolé, je suis pas très doué pour annoncer ce genre de nouvelle et ça me porte encore un peu sur les nerfs."

Je m'en fous d'elle, je m'en fous de tous ces cadavres que je laisse derrière moi. Mais il fallait que je m'occupe l'esprit, que je me remette les idées en place avant de devenir fou.
Cerné par le manque de sommeil, un goût de sang encore présent en bouche mêlé à la salive de cet inconnu malchanceux, un sourire me possède soudain. Il était là, mais il ne l'a pas sauvée. Il va s'en vouloir peut-être, certainement même. Il sera rendu triste et coupable par cette mort impossible à éviter.
Tu sais ce que ça fait un démon? Non, tu ne le sais pas. Tu ne peux même pas imaginer ça. Un démon, ça traque, ça suit. Pire qu'un fauve en chasse. On les retrouve, nos proies choisies, on les débusque et on s'en sert comme il nous plaît. On est pires que ce que vous pouvez imaginer. Pires que ce que vous en pensez. Faiblesses? Jamais. Pas devant vous.
Je ne mets pas longtemps à le retrouver, mon cher petit minois innocent et ses élans de secouriste raté. Je le croise par hasard, dans ce bar miteux. Il est assis loin des autres, triste à pleurer devant son verre d'alcool. Je range mon sourire au placard en enlevant ma capuche. L'un des tabourets du bar m'appelle, je garde les yeux ailleurs. Je sais que le sauveur manqué est là, plus loin, mais je fais appel à ce destin infortuné pour nous remettre face à face.
Mon verre commandé, avec ce triste faciès de fiancé meurtri par la perte d'un être cher, je lève mon regard vers la clientèle de ce soir. J'ai cet air abattu de jeune premier, acteur talentueux ceci dit. Je crois les iris de mon cher ami d'un soir, mêlant dans mon regard tristesse et stupeur. NOLA est incroyablement restreinte comme ville, c'est facile de croiser des visages connus. Je lui adresse un geste de la main poli mais tragique. Je glisse les doigts sur mon verre en rebaissant les yeux, triste comme une pierre tombale, simulant la détresse d'une âme en peine.

S'il ne bouge pas son cul avec ça, c'est moi qui irais le chercher.


You'll realize I'm not your devil anymore


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Jimmy L. Allistair
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Posté le Dim 9 Avr - 2:27.
There's a bear inside your stomach


Je ne saurais dire à quel verre j'en étais. Une fois encore, j'avais impulsivement noyé ma tristesse et ma frustration dans le whisky. Je pinçais les lèvres et passais une main dans mes cheveux, le regard perdu dans le vide ; je sursautais légèrement en sentant mon téléphone vibrer, et le sortais rapidement de la poche avant de mon jean, un mauvais pressentiment me serrant la gorge. Je crois que je n'aurais pas pu tomber plus juste.

Elle est morte. Je restais figé, les yeux écarquillés d'horreur devant le message de cet inconnu pas si inconnu. Devant le message de cet homme étrange, cette créature que mon instinct me disait ne pas être un homme. Mais... Elle est morte. Elle est morte. Elle est morte, morte. Morte. Elle est morte, comme Jaimie est mort, pendu au bout de sa corde, tué par son propre désespoir que je n'avais su voir. Mes yeux se brouillèrent de larmes sans que je ne le comprenne, l'insipide message devenu flou devant mes yeux. Je n'avais pas pu la sauver. Ni elle, ni Jaimie. Je les avais laissé mourir, et je me tuais à petit feu dans l'alcool comme punition.

Et soudain, je relevais les yeux, la bouche entrouverte, avec la terrible impression d'être claustrophobe dans mon propre corps. La surprise teinta la tristesse de mon regard, en croisant celui de ce fameux inconnu. L'esprit trop émoussé par l'alcool et la peine, je remisais au fond de mon esprit mon instinct qui s'était mis en alerte au moment où mes yeux étaient tombés sur les siens. Quelque chose n'allait pas. Même si la NOLA était une petite ville, ça n'était pas une simple coïncidence que je tombe sur cet homme au moment même où je venais de lire sa réponse, au moment même où je venais de penser à lui. Ça n'était pas normal... Et pourtant, mon coeur empli de détresse n'arrivait pas à le comprendre. Mon esprit était à genoux, dans la poussière, imperméable à mon instinct primaire qui me hurlait de sortir d'ici.

Il me rappelait bien trop ma propre personne quand j'avais perdu Jaimie. Et personne n'avait été là quand je l'avais perdu, alors, je.. Je me devais d'être là pour lui. Comme si cela pouvait réparer le tort qui m'avait été fait, des années plus tôt. Je prenais mon verre avec moi et je venais m'asseoir sur le tabouret à côté du sien, au bar. Je le regardais longuement, sans trouver les mots ; l'émotion m'enserrait bien trop la gorge pour que quoi que ce soit ne puisse en sortir. Alors je fis la seule chose dont j'étais capable en cet instant - la seule chose qui aurait pu signifier quoi que ce soit à mes yeux, le jour de la mort de Jaimie.

De manière horriblement enfantine, je prenais cet inconnu dans mes bras. Je le serrais fort, comme j'aurais aimé qu'on le fasse pour moi. Mon coeur battait à l'unisson avec la douleur qu'il devait certainement ressentir. Pas une seule fois je n'écoutais mon horrible instinct qui me hurlait de partir d'ici, pas une seule fois je ne comprenais qu'il essayait de s'adresser à moi. Et je restais là, pareil à un agneau dans les crocs du loup. Confiant. Offert. Je me détachais de lui et le détaillais d'un oeil mi-triste mi-résigné, lui offrant un petit sourire qui n'atteint pas le reste de mon visage. Mes yeux se recentrèrent sur mon verre de whisky, le triturant, alors que je lâchais du bout des lèvres :

« On finit par tout supporter, c'est dans la nature humaine. »

Je me tournais à nouveau vers lui, ouvrant la bouche et hésitant quelques secondes avant de rajouter quelque chose. Je ne pouvais passer à côté du fait qu'il ne.. Il... Il n'était pas humain, si ? Ca n'était pas un foutu esprit, pour sûr. Mais il était... Différent des autres humains lambda, des âmes perdues qui traînaient ici. Je finissais par froncer légèrement les sourcils, avant de me reprendre, naïvement : il venait de perdre sa fiancée, ça n'était pas le moment de le déranger avec ce genre de choses archaïques.

Ou était-ce ?



Je voudrais qu'on remonte les escaliers en courant, qu'on catapulte tous nos vêtements. Bonsoir Que tu me fasse l'amour jusqu'à l'aube et pendant deux mille ans. Je voudrais partager tes nuits j'ai tant besoin qu'on se noie dans les nuits fauves.

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Bastian A. Lacroix
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Posté le Dim 9 Avr - 11:52.
Where Is My Mind ✝ Mais... Mais qu'est-ce qu'il fait?...

Ma tête se vide, comme perdue dans un océan d'émotions incompréhensibles pour moi. Je garde les bras ballants sans savoir quoi faire des mes mains tandis que le grand brun me serre contre lui. Les yeux écarquillés par la stupeur, le goût d'alcool brûlant sang et salive dans ma gorge, je reste figé dans ses bras. Tremblant de surprise, je pose les mains contre lui, perplexe, égaré.
Au dernier instant, alors que son étreinte se détache de moi, je sens mes yeux se flouter sous une tristesse que je n'avais pas vu venir. J'affiche un air meurtri, sans même comprendre cet élan de panique qui m'enserre. Je m'interdis de réclamer une nouvelle accolade, rejoignant mes mains sur mon verre pour m'éviter de céder à mes pulsions nouvelles. Ma gorge se serre de plus en plus, je peine à déglutir normalement et je ravale aussitôt une gorgée de mon poison pour faire passer mes sentiments étranges.

C'est la nature humaine...

Je relève mes yeux troublés par mes larmes vers lui avant de détourner le regard, honteux, pour frotter mon visage contre la manche de mon sweat, éloignant ainsi ce faciès de martyr loin de moi. J'expire nerveusement, fixant mon verre. C'est dans la nature humaine de pleurer, d'être faible, blessé, meurtri. Mais mon origine est bien différente de la tienne, gamin. Je ne suis pas comme toi, je ne suis pas mortel, je ne suis pas destiné à rien, je ne suis même pas un innocent petit con comme je te laisse le croire. A trop côtoyer les humains, je deviens comme eux, comme tous ces idiots plein de passions et d'émotions.

"J'imagine que c'est juste plus difficile à avaler pour certains..."

Je ravale ma salive, péniblement encore alors que je sens mes nerfs continuer d'étouffer ma trachée par la mélancolie. Mes phalanges tatouées se crispent sur mon verre déjà à moitié vide, témoignant de mon accablement soudain. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, je peine à croire que je vais si mal à la simple idée d'avoir tué une humaine. Coupable, je le suis depuis ma chute. Mes sentiments bizarres de culpabilité et de regret, je ne devrais même pas pouvoir les ressentir.
Pourtant... La preuve est là. Mes yeux se brouillent de tristesse, encore, et je ne parviens pas à cacher cet état qui s'empare de moi. Je voudrais pouvoir partir, abandonner ce que je suis, retrouver ce que j'ai perdu. Je desserre les doigts sur ma prise, réalisant qu'ils tremblent si je ne continue pas de crisper chacun de mes muscles sur mon verre. Je me décide à glisser ma main dans ma poche de veste, là où je garde ma montre. Sans raison. Simplement pour la savoir ici et me rassurer tant bien que mal sur... je ne sais même pas. Je ne sais plus.

"Elle me manque..."

Ma voix se brise sur la dernière syllabe, je ne me savais pas de tels talents d'acteur. A dire vrai, je ne suis même pas certain de jouer une quelconque comédie. Je ne fais que penser à cette femme que j'ai regardé mourir, tout comme j'ai attendu la mort de ma fiancée, elle qui fut tuée par ma faute.

"C'est ma faute... J'ai pas été foutu d'y faire quoique ce soit..."

Je ne sais même pas déterminer de qui je suis en train de parler. Je suis trop inquiété par les larmes qui me gagnent encore et que je force à s'éteindre contre ma manche. je relève mes cheveux qui retombent aussitôt sur mon visage rivé vers le bas, coupable.
Pourtant, j'avais la possibilité de faire quelque chose. Je pouvais me faire pardonner de mes fautes inavouées. Je n'avais qu'à faire le bien, pour une fois dans ma vie. Il me suffisait d'aider quelqu'un dans le besoin sans attendre quoique ce soit en retour. J'avais juste besoin de faire une bonne action, une seule, et peut-être que je pourrais cesser d'être un tel monstre. Cette seule pensée accélère davantage mon coeur qui tambourine assez fort pour faire revenir une mélancolie sans nom au fond de mes iris.

"Je sauverais jamais personne."


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Jimmy L. Allistair
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Posté le Dim 9 Avr - 14:08.
no one ever has to know


J'avais en face de moi un trou noir de tristesse, tragique mélange de culpabilité et de douleur. D'impuissance. Une impuissance amère face à notre incapacité à faire quoi que ce soit, face à notre incapacité à sauver l'être cher. Je l'observais d'un air doux, empli d'une compréhension bien trop profonde à mon goût, mes yeux noirs presque mi-clos.

C'est ma faute. J'ai pas pu y faire quoi que ce soit. Je me voyais moi à travers lui, aussi perdu, aussi blessé. Ma main se posa sur la sienne alors que ses yeux se teintèrent de larmes, cachés par la manche de son sweat. Et je la serrais contre la mienne, cette main, comme pour l'empêcher de se noyer. Jamais je n'avais été si proche d'une personne si... Inconnue. J'étais envahi par toutes sortes d'émotions depuis longtemps censurées et reniées, enterrées au fond d'un placard aux squelettes. Je laissais un long silence s'installer entre nous, alors que je rassemblais mes mots et mes forces pour rouvrir ma blessure. Pour rouvrir la plaie qui ne cicatrisait jamais vraiment, et qui s'infectait trop régulièrement. Mon regard se perdit dans le vague devant moi, alors que je venais jouer avec mon verre d'une main - l'autre reposait toujours sur celle de l'inconnu. Compassion. Compréhension. Bien trop de compréhension à mon goût.

Mais les mots se coincèrent dans ma gorge, à l'entente de ses derniers mots ; ces mots, horribles mots, qui tombèrent comme une sentence sur nos épaules. Je sauverai jamais personne. Combien de fois cette pensée m'avait elle hanté, murmuré à l'oreille, harcelé jusqu'à faire partie intégrante de moi-même ? Je lâchais du bout des lèvres - à peine un chuchotement, presque inaudible, à part pour les oreilles de l'homme qui se tenait à mes côtés.

« Je sais. »

Un léger sourire amer apparut sur mon visage, alors que je détachais ma main de la sienne, venant descendre mon verre d'un coup. Ravaler mon désespoir, jusqu'à ce qu'il soit rance et acide, qu'il me retourne l'estomac.

« Quelque.. Quelque chose.. M'avait fait rester. La fin était sordide, j'aurais du m'en douter, mais... Je.. »

Je déglutissais en pinçant les lèvres, des rides d'amertume apparaissant au coin de ma bouche. Je passais lentement une main dans mes boucles brunes, perdu dans une réflexion sordide, dans un cercle vicieux que je semblais finalement partager avec quelqu'un.

« J'avais.. Un ami. Jaimie. C'était, un peu.. Vous savez.. »

Je lâchais un petit rire nerveux, sentant ma gorge se serrer par l'émotion. Je ne parlais que rarement de Jaimie, bien qu'il hante chacune de mes pensées. Sa mort m'avait marqué au fer rouge, son corps pendant à cette foutue corde m'avait brûlé la rétine. C'est une image que je verrai jusqu'au jour de ma mort... Et encore bien après. Peut-être que Jaimie était parti dans l'au-delà, ou peut-être qu'il hantait ces rues, comme le reste de ces foutus esprits fous. Au final, toutes les pauvres âmes de ce bar ne valaient pas mieux que de simples esprits - nous compris. On était tout aussi tristes, aussi seuls, aussi perdus. La différence étant que de son vivant, rare sont les personnes à assumer la tristesse de leur monde intérieur.

« J'ai rien vu venir. Je l'ai même pas vu partir, j'étais trop obnubilé par ma petite personne. Et puis, un jour.. J'me suis dit que j'allais arrêter mes conneries. Que j'allais arrêter de ne m'intéresser qu'à moi-même, que j'allais arrêter de.. De faire du mal aux gens autour de moi. Qu'il était temps de... Faire une bonne action ? Vous savez. D'essayer de soulager un peu mes épaules de toute cette foutue culpabilité. »

Je passais ma langue sur mes lèvres, mon regard toujours perdu sur le bois usé du bar. Je fis signe au barman de nous resservir tous les deux, l'étranger et moi, deux cons perdus. Je buvais une gorgée de whisky, avant de reprendre :

« Mais quand j'suis arrivé.. Je.. »

Mort, mort mort. La corde, les pieds, le tabouret. La mort, dans toute sa laideur et sa puissance.

« C'était déjà trop tard, bien trop tard. J'suis arrivé à temps pour trouver un corps pendu à une foutue corde, du désespoir, et la foutue odeur de la mort. J'avais des mois de retard, et j'ai jamais autant souhaité remonter le temps que depuis ce jour-là. J'me perds à espérer le retrouver ici, parfois, je.. »

Les larmes brouillaient ma vue - c'était mon tour de laisser les émotions me mettre à genoux. Je me forçais à retenir mes larmes, les censurant à coup de whisky bon marché, et plantais mes yeux dans ceux de mon inconnu. Avec une douceur que je ne me connaissais pas. Je lui offrais un petit sourire triste.

« Tout ça pour dire.. Je sais pas ce que vous êtes, qui vous êtes, mais.. je sais. Je comprends. Je comprends. »

Les mots n'étaient pas assez, les mots ne pouvaient pas transmettre ce que je ressentais. Ma main se glissa à nouveau sur la sienne, doucement, naïvement, mais sûrement.


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Posté le Dim 9 Avr - 16:19.
Where Is My Mind ✝ Soupire.

Mes doigts enserre le métal argenté de ma montre, l'autre est retenue par mon interlocuteur, presque tremblante, à peine rassurée par son contact. Je n'ose pas le regarder, tourner mes yeux vers lui rarement en écoutant chacune de ses paroles. Ma peine, mon empathie enfouie, ou mes dons de démons, je ne sais pas, mais je m'imagine la scène avec des détails déconcertants. Je le connais, ce cadavre. Je le connais bien trop.

1788.

Je errais parmi les humains depuis des siècles déjà, je me faisais passer pour ce petit con de prince parisien. J'étais un habitué des maisons closes, un héritier ridicule. Il m'a fallu une erreur, une seule, et je me suis fait tuer, pour la première fois de toutes mon existence. Pendu. Je l'avais sentie cette corde se serrer sur ma trachée, couper ma respiration, arrêter mon coeur humain.
Le retour en Enfer avait été difficile, j'avais suffoqué en retournant sur Terre. Mais j'étais revenu, j'étouffais mais j'étais à nouveau parmi les mortels, à ruiner Paris dans la décadence d'une révolution.
Mécaniquement, je lâche ma montre pour venir enserrer doucement mon cou, revivant le souvenir de cet assassinat dont j'étais, pour une fois, la victime. Je souffrais d'imaginer qui que ce soit vivre une mort si tragique, encore plus si c'était un choix délibéré. J'imaginais sans mal ce qu'avait ressenti Jaimie. Mais je me mettais plus volontiers à la place de mon interlocuteur. J'étais presque capable de souffrir à sa place tant ses sentiments à l'égard de son suicidé d'ami me ramenaient à mon passé refoulé.

La tristesse de son sourire forcé finit de m'achever.

Je déglutis en essuyant ma joue teintée de larmes, une fois de plus. Je sens ma respiration se saccader, mon myocarde s'affoler. Je me hais d'en arriver à un tel état, simplement au souvenir de ce que j'ai fait, de toutes les erreurs que j'ai commises. Moi qui voulais tant jouer avec lui, le mettre plus bas que terre, je me retrouvais à agir comme le dernier des démons. Je suis misérable, pitoyable, minable.

"Je comprends aussi..."

Je ne parviens pas à le regarder en face, je glisse mon regard sur nos mains enlacées, déconnecté. Je retire mes doigts de ma trachée pour revenir prendre mon premier verre et le terminer d'une traite, laissant place au second. Je ravale ma tristesse en même temps que mon fond d'alcool.

"T'es pas coupable. Si tu savais le nombre de dépressifs qui traînent parmi vous, sans que personne de leur entourage ne le sache. Ils y a ceux qui le cachent beaucoup trop bien, et puis il y a ceux qui s'éloignent pour mieux mentir. C'est comme ça, les humains..."

Je m'arrête immédiatement, réalisant que je m'exclus de cette catégorie par cette phrase idiote. Erreur. grave erreur. Mais... je m'en fous, je crois.

"Les humains se laissent facilement ronger par tout ça. Ils se laissent sombrer et si personne n'est là pour les traîner hors de tout ça... C'est foutu. Et cons comme vous êtes, vous attendez que les autres devinent à votre place. Comme si vous étiez capables de voir quand vos congénères vont mal. Non, vous êtes bien trop préoccupés par vous-mêmes pour vous apercevoir de quoique ce soit. C'est déjà bien assez compliqué d'être humain pour devoir en plus s'occuper des autres comme vous."

Amer, je récupère doucement ma main pour frotter ma joue à nouveau, effaçant la preuve de mon humanité tragique. Enième soupire.

"Mais c'est pas ta faute, ce sera jamais à cause de toi tout ça."

J'inspire doucement, me redressant avant de glisser mes deux mains dans mes cheveux noirs pour les relever et me ressaisir. Je soupire avant de reprendre mon nouveau verre pour en descendre une bonne gorgée. Je déglutis pour mieux faire passer la brûlure âpre du whisky.
Je relève les yeux vers lui, silencieux, avec ce regard froid que je réserve à mes moments de sérieux, aussi rares soient-ils. Je détaille son visage une seconde, la tristesse dans son regard, la douleur sur son semblant de sourire, l'oubli dans le début d'ivresse. Moi, j'ai encore les yeux rougies par mes élans de sentiments, le teint plus pâle encore que d'habitude.

"C'est les types comme moi qui sont coupables."

Je reprends une gorgée de mon verre en rivant les yeux sur le liquide brun qui s'agite lorsque je le repose sur le bar.

"J'suis con... je me suis même pas présenté..."

Je lâche mon verre, les pupilles détraquées par ma folie et la prise d'alcool. Je tourne la tête vers le brun pour forcer un sourire sinistre vers lui.

"Bastian Lacroix."

Mon semblant de confiance revenu, je m'autorise à garder mes yeux sur lui, défiant son regard avec le peu de courage qu'il me reste.

"Et si je comprends si bien ce que Jaimie t'a fait ressentir, c'est parce que j'ai eu quelque chose de similaire moi aussi."

Mon rictus forcé reste en place, s'élargit doucement en un rire retenu tandis que je vois bientôt trouble sous les larmes qui m'assaillent. Je sens mon coeur prendre un rythme effréné et erratique à la simple idée de l'évoquer. Je déglutis pour me redonner mes airs de merdeux trop confiant.

"C'est pas celle que t'as vu, la miséreuse de l'hosto. C'était pas elle." je secoue légèrement la tête négativement, elle n'avait rien de ressemblant avec celle qui me hantait présentement "Elle s'appelait Elizabeth. Elle me détestait plus que n'importe qui sur Terre..."

Un rire m'échappe alors que mon regard s'embrume davantage, ravagé par la mélancolie, la haine, et le regret.

"Tu veux savoir le plus drôle?..." j'étouffe un rire mêlé à un sanglot qui laissent mes larmes marquer mes joues "On a finit par se marier..."

Je laisse mon fou rire s'emparer de moi alors que je détourne finalement les yeux de mon interlocuteur. Chaque respiration est coupée par un sanglot ravalé alors que je reprends une gorgée de mon verre pour tenter d'effacer les souvenirs douloureux de cette ridicule idylle avec une humaine.
Je frotte mes joues dans ma manche, encore, avant de reporter mon regard pathétique sur le brun.

"Je l'ai regardée mourir pendant... Je sais pas... Des jours, des semaines..." mes pupilles se perdent dans le vide, embuées par mes pleurs impossibles à cacher maintenant "C'était ma faute, j'ai rien pu faire pour l'empêcher de mourir alors que... J'aurais peut-être pu..." mon sourire s'éteint doucement alors que je murmure, incrédule "J'aurais peut-être pu..."

Je me retourne face au bar, posant les mains sur le bois sombre en fixant mon verre vidé. Je serre les dents, je peine à retenir tout ce que je ressens soudainement, tout ce que je n'ai jamais sorti à qui que ce soit. Finalement, alors que je voulais essuyer mes yeux une nouvelle fois, je cache mon visage dans ma main en laissant sortir mes larmes et mes plaintes.
Pendant un instant, je ne suis que moi, que ce ridicule petit con qui a, quelque part en lui, des sentiments. Asmodeus, il n'existe plus, il n'est qu'une ombre lointaine dans mon passé de démon. Tout comme Elizabeth...

"'Chier..." je jure et je frotte mes yeux en retirant ma main de mon visage, serrant la mâchoire pour ne pas me laisser aller une nouvelle fois; j'ai un air de déterré, entre cernes et yeux rouges "C'était y'a longtemps de toutes façons..." je fais signe au barman en désignant les verres vides et je frotte mes larmes loin de moi une dernière fois "Je comprends, vraiment, je comprends très bien ce que t'as vécu..."

Je m'arrête un instant, dans un silence pesant, avant de relever les yeux vers le brun à ma gauche. Je retrouve ce sérieux forcé que je tâche de conserver cette fois, ravalant peine et misère au fond de moi-même.

"Mais aucune bonne action ne rachètera jamais l'erreur de ton copain. Remonter le temps empirerait les choses. C'est comme ça. On se fait tous enculer à un moment ou à un autre." je rebaisse les yeux devant moi, haussant à peine les épaules un instant "Toi et moi, on n'y peut rien."


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Jimmy L. Allistair
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L’odeur du whisky mélangée à celle de la cigarette me montait lentement à la tête. C’était une douce damnation que nous étions en train de vivre, l’antichambre des enfers, le purgatoire de Dante. Peut-être que j’y étais déjà, au final ; peut-être que ceci n’était pas ma vie, mais le cauchemar créé sur-mesure pour me punir d’une ancienne existence de pêchés. Je souriais tout seul à cette pensée : je n’y croyais pas. Il n’y avait pas de telle chose, et je le savais maintenant.

Mon regard d’onyx glissa sur mon compagnon de désespoir, ses mots faisant bien trop écho à ce que je pouvais ressentir. Ses mots qui venaient secouer la boite de Pandore, ouvrir le placard aux squelettes et retourner le tapis. T’es pas coupable. Et pourtant. Ces mots me coulaient dessus comme de l’eau, incapables de pénétrer plus loin en moi. Je n’y croyais pas. Nous étions tous coupables, dans une certaine mesure, de cette tragédie. Tous. Que ce soit les parents de Jaimie pour avoir fermé les yeux sur le mal-être de leur fils ; que ce soit cette foutue ville, foutue Belle-Chasse, qui bouffe l’âme de tout être qui y habite.

Et puis c’était ma faute, à moi. Jaimie m’avait tendu une main salvatrice alors que je me noyais dans une dépression noire. Il m’avait souri, il m’avait appris à rire et à profiter de mon existence. Il m’avait sauvé la vie et avait fini par en mourir. Un léger rire amer me prit en entendant mon interlocuteur : « les humains se laissent facilement ronger par tout ça. » Les humains se laissent pourrir à cause de ça. Ils laissent ce foutu cancer les ronger jusqu’aux os, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’autre que souffrance et amertume. 

Oh, oui, les humains se laissent ronger par ça… Je le détaillais du regard, avant de lâcher d’un ton doux, presque enfantin. J’étais bien trop triste, et bien trop las pour émettre le moindre jugement.

« Mais toi aussi pourtant. Toi aussi, tu es rongé par tout ça, et pourtant tu n’es pas humain. »

C’était une constatation plus qu’autre chose. Une triste et infortunée constatation. Je lui offrais un léger sourire alors qu’il essuyait l’humidité de ses joues, une fois encore. S’il n’était pas humain, que je sois damné.

« T’as beau ne pas t’inclure dans ce groupe, t’es la personne la plus humaine que j’ai vu depuis un moment. Un très long moment… »

Depuis Jaimie.

Tous, ici, nagent dans l’effroi et l’horreur qu’est cette ville. Ils se plaignent, se plaignent, se plaignent. Mais au final, ils aiment cette foutue ville. J’avais la terrible impression d’avoir échangé Belle-Chasse pour la version plus grande ; j’y retrouvais le même comportement de ses habitants : des personnes malheureuses de leur vie, aux abois, acculées, mais qui aimaient cette foutue vie. C’était la seule chose qui les faisait se sentir vivant, comme moi avant, hein ? Je finissais mon énième verre de whisky à cette pensée, nous recommandant une tournée d’un discret signe de la main, toute mon attention fixée sur le jeune homme à mes côtés. Je le détaillais longuement du regard, lui répondant doucement :

« C’est les types comme toi, les coupables ? Je.. Sais pas. J’te connais pas, alors je n’en dirai rien, mais… On est tous coupables. Chaque âme qui vive est coupable de quelque chose, regrette tout et rien, a des foutus remords qui la tienne éveillée toutes les nuits. Tu me dis que je suis une personne innocente… J’suis naïf. J’le sais. Je suis un pauvre con, naïf, toujours à tomber dans le panneau. Mais j’suis aussi coupable que toi, que n’importe qui dans cette foutue ville. »




Je prenais une rasade de whisky, avant de passer ma langue sur mes lèvres. Je détaillais le mur en face de moi, avant de reprendre la parole dans un murmure. Et je ne sais pas si je parlais plus pour lui ou pour moi.

« On est tous coupable d’avoir foutu nos vies en l’air, ou celle des autres. Ou les deux. On est tous coupables... »



Je souriais doucement quand il finit par se présenter. Il était vrai que cette situation était pour le moins… Etrange. Surréaliste. Deux inconnus qui parlent à coeur ouvert, l’intimité intellectuelle la plus extrême, sans même connaître l’information la plus basique l’un sur l’autre. Si un jour quelqu’un me demande ce que je me rappelle de ma rencontre avec Bastian, je ne retiendrai qu’une seule chose : ce si sombre sourire qu’il m’offrit. Un sourire aussi sinistre que lui.

Je reposais instinctivement ma main sur la sienne et la serrait fort, comme si j’essayais de lui donner le courage qui lui faisait défaut pour poursuivre ces mots si douloureux. Sa femme. Son amour. Il l’avait perdu comme j’avais perdu le mien, des années auparavant. Une plaie infectée, suintante de pus et jamais refermée. Oh, je comprenais si bien. J’attendais qu’il ai fini pour planter mes yeux dans les siens, aussi noirs que les miens.

« Et moi c’est Jimmy. Jimmy Allistair. »



Je portais à nouveau mon verre à mes lèvres, reprenant une bonne rasade de whisky qui me brûla la gorge, me ramenant un peu à la vie.

« Les mots que tu dis, j’ai l’impression que tu les as sorti de ma tête. »



Je lui rendais son sinistre sourire. Mon amertume était teintée de whisky bon marché, et d’un sentiment de solitude peut-être un peu moins puissant qu’avant. Je lui souriais doucement, avant de lever légèrement mon verre dans une parodie de toast.

« A eux, alors. A Elizabeth et Jaimie, où qu’ils soient maintenant… »

Je finissais mon verre avant de renifler dans ma manche. J’étais passablement alcoolisé, perdu dans la tourmente noire de mon esprit. Mais au moins, cette fois, je n’étais pas seul. Je ne sais même plus si ma main était toujours sur la sienne, ou si elle était sur mon genou. Je me remettais à fixer le vide de longues minutes durant, avant de poser la question qui me taraudait l’esprit :

« Qui était-elle, la femme de l’hôpital ? »



Mais je connaissais déjà la réponse. Une inconnue qui se trouvait juste être là au mauvais endroit, au mauvais moment.





Je voudrais qu'on remonte les escaliers en courant, qu'on catapulte tous nos vêtements. Bonsoir Que tu me fasse l'amour jusqu'à l'aube et pendant deux mille ans. Je voudrais partager tes nuits j'ai tant besoin qu'on se noie dans les nuits fauves.

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Posté le Ven 14 Avr - 18:17.
Where Is My Mind ✝ Humain.

Un terme qu'on ne m'attribuait que rarement. Mes congénères savent, devinent ce qui animent ma carcasse prétendument mortelle. Les autres, pour les plus futés, se doutent de l'inhumanité qui m'habite. Mais les restants, les innocents, ils n'ont conscience de rien, ne se méfient pas de ce gamin insolent qui porte des croix et revendique un nom tiré de la tragédie vécue par le Fils de Dieu lui-même. Le morceau de métal glacé, pendu à mon cou, orne une moquerie de la religion, riant de cette Mère provocante qu'est la mienne.
Si Jimmy est incapable de deviner la diablerie qui me caractérise, il met cependant un point en constatant l'amerthume qui m'a gagné derrière ma tristesse. Fatigué, rendu fragile par des souvenirs enfouis. Les derniers jours d'Elizabeth me hantent et me dévorent comme un cancer. C'était elle la souffrante alors, je n'étais que le garde fou de ses derniers instants. Mais ces images, ces paroles, ces derniers moments, ils me rongent comme la pestilence s'en prendrait à mes organes, plantant ses crocs et ses griffes dans chacun de mes points vitaux, les arrachant un par un à la vie jusqu'à ce que mon corps ne faiblisse, que mon coeur ne palisse.
Mon sang cesse d'animer mon myocarde une faible seconde. Je porte la main contre mon torse, serrant le tissu de mon sweat sous la rage et la crainte de l'entendre cesser un jour. Mourir, jamais. Même si je n'aurais pas abandonné cette apparence. Je conservais ces traits juvéniles depuis toujours, les entretenant davantage pour garder l'humanité que j'avais à la mort de ma femme. Je ne pouvais pas changer ça, je ne pouvais pas admettre que j'étais devenu un autre et que mon apparence demeurait pour cacher ce mensonge. Prétention stupide...

Deuil infâme.

Mais ses mots m'arrachent un faible sourire, les yeux rivés sur mon nouveau verre, mes doigts lâchant mon sweat. Je trinque, pour eux, pour elle, pour lui. Si je pouvais ne plus être démon un soir dans ma vie, je souhaiterais que ce soit celui-ci. J'aurais presque aimé dire à ce pauvre petit que je ne suis qu'un esprit parmi tant d'autres, pas un vulgaire ange déchu. j'aurais voulu pouvoir dire que j'étais un innocent parmi la foule, tout sauf le porteur de mort que je persiste à rester.
Mon rictus, alors si vivifiant dans la tourmente de pareille soirée, disparaît à l'évocation d'une femme, une autre que la mienne, celle à qui je m'étais pourtant permis de tout prendre, voleur que je suis. Elle avait subit un traitement que j'infligeais à tant d'autres comme elle, mais elle n'avait pas plus de mérite que les autres. Aucun n'avait véritablement écopé de sa fin au nom de la justice. Je suis injuste, un bourreau sans loi. Mentir, j'aimerais encore pouvoir le faire, mais pas avec Jimmy, pas après ça.

"Aucune idée..." je n'ose pas relever les yeux vers lui, me cachant sous mes mèches noires et une nouvelle gorgée de poison "J'ai croisé ses parents, son petit-ami, sa soeur. Ils sont tous venus à l'hôpital pour constater que c'était bien elle et... C'était elle."

Elle plutôt qu'une autre. Elle plutôt que moi.

Je redresse la tête, un regard froid, réfléchi. Je relève mes cheveux avant de tourner mes iris vers Jimmy, je fixe son visage un instant avant de parler avec calme et un tact certain. Ivre de mes verres, sans doute que lui aussi, je peine à discerner une réelle expression. Mon esprit flanche, ma raison avec, et je ne saurais jamais bluffer avec talent maintenant.

"Je peux pas te mentir, Jimmy. Déjà... Déjà parce que je suis bourré, et ensuite parce que tu m'as l'air... avenant." je lève un sourcil, sourire en coin, amusé, épaules basses "Et puis tu me croirais pas. Personne me croit jamais. Alors je peux pas..." je baisse les yeux en cours de phrase, soudain pensif avant de soutenir son regard à nouveau "Je peux pas juste te dire ce que je suis. Ceci étant, je peux te dire que c'était ma faute si elle a fait un arrêt cardiaque. Je savais très bien ce que je faisais et je savais très bien ce qu'elle avait. On était pas encore dans l'ambulance que je savais déjà qu'elle allait claquer dans les minutes à venir..."

Mes yeux s'embrument à nouveau, mon sourire s'assombrit. Je ne fais que penser au souvenir douloureux d'Elizabeth , à tout ce que sa mort m'avait causé malgré les siècles passés.

"Je suis coupable, tu vois. Mais j'ai pas le choix, c'est mon rôle. C'est tout ce que j'ai."

Je termine mon verre, aigri par cette constatation ridicule. Ma condition de démon, mon rôle de ravageur, mes pouvoirs infinis, tout faisait de moi le pire coupable de cette ville. Condamné à mort, voilà ce que je méritais mais n'atteindrais jamais. Mon repenti, il est impossible.

"T'as déjà vu la mort, je le concède. Je pourrais te citer tous les gens dans son bar qui sont dans le même cas que toi." dis-je en désignant de façon trouble l'ivre clientèle de l'établissement "Mieux, je pourrais forcer tout ce petit peuple à la voir, là, maintenant, tout de suite." je pose mon verre, presque avec fracas sur le bar en bois "Tu pourrais toi? T'oserais? Vas-y, dis-moi qui je dois tuer et je le ferais. Tu m'en désigne un, un seul, et je vole sa vie."

Je lâche un rire, fourbe, sombre. Je me penche vers Jimmy, plongeant mes iris verdâtres sur ses pupilles, à quelques centimètres à peine de lui. S'il connaissait mon don, il saurait que sentir mon souffle sur ses lèvres n'est jamais un signe rassurant.

"Tu peux pas. T'es pas un coupable, toi. T'as juste pas de chance..."


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you're a waste and a requiem


Mon regard se perdait sur le visage Bastian, sur sa peau blanche, sur les mèches corbeau qui tombaient sur son front. Il semblait si... Jeune. Si fragile. De l'extérieur, il me faisait penser à un enfant perdu. A une âme en peine, tourmentée, plus encore qu'un simple esprit. Mais cet homme n'était pas un esprit. Sa condition était pire, je le suppose, à la vue des souffrances qui émanaient de sa voix. Je pris une gorgée de whisky, son goût assommant un peu plus mes papilles. Et je ne réagissais pas, alors qu'il ne fit que confirmer ce que je pensais. Que cette pauvre fille fut au mauvais endroit... Au mauvais moment. Je suis coupable, tu vois. Mais j'ai pas le choix, c'est mon rôle. C'est tout ce que j'ai.

J'ai pas le choix, c'est tout ce que j'ai. Des mots que j'avais trop souvent entendus, sortant de ma propre bouche. Des mots que j'avais trop souvent entendus, sortant de la bouche de Jaimie. Des mots véridiques, les enclumes de la vérité détruisant peu à peu nos esprits faibles. Si faibles, si aisément ravagés. Je restais longtemps silencieux, là, à écouter le son de sa voix. A écouter la mort sortir d'entre ses lèvres, à écouter la poésie morbide sortir de sa bouche. A me repaître de ses mots. Je crois que j'avais fini par fermer les yeux.

« Tu pourrais toi? T'oserais? Vas-y, dis-moi qui je dois tuer et je le ferais. Tu m'en désigne un, un seul, et je vole sa vie. »

Je les rouvrais lentement à l'entente de ses mots, et le dévisageais longuement. Je crois que j'étais trop attaqué par l'alcool pour avoir une réaction plus humaine que ce simple regard. Cet homme était si... Si imprégné de la mort, que je finissais par m'habituer à sa présence. Comme une proie accepte son sort, devant un prédateur dominant.

« Tu peux pas. T'es pas un coupable, toi. T'as juste pas de chance... »

Je restais longtemps immobile, ses lèvres immortelles à un souffle des miennes. Un danger dont je flairais la venue, dont le frisson parcourut mon corps, sans en comprendre la réelle teneur. Un rire spontané m'échappa. Un petit rire cassé, brisé, emprunt de whisky et de désespoir. J'ai juste pas de chance. J'ai juste pas de chance... Non. J'avais créé ma malchance, là était toute la nuance. J'avais créé mon propre malheur, je l'avais choisi, je l'avais embrassé au premier regard, comme un jeune amoureux épris de sa dame.

« Non, je ne suis pas capable de tuer un seul de ces foutus bougres. Mais ça n'est pas pour autant que mon regard est bienveillant...  » Mon regard se perdit à nouveau dans le vide, alors que je pinçais légèrement les lèvres.  « Mais regarde-les. Regarde les tous. Ils meurent à petit feu, ici. Ils se tuent eux-mêmes, sans avoir besoin de l'aide de quiconque. Ils se suicident à petit feu, comme nous tous ici présents. »

Je lâchais un petit rire amer, avant de prendre une énième gorgée de mon verre - à nouveau vide. Je m'allumais une cigarette, croisant quelques instants le regard de Bastian. Les mots emprunt du venin de la vérité mirent longtemps, avant de réussir à franchir la barrière de mes lèvres. Elle est dure, la vérité. Elle blesse aussi fort que les mensonges.

« J'ai choisi ma malchance... J'ai choisi l'auto-sabordage. Inconscient, sur le coup, bien sûr ; mais je m'en rend compte. Si je voulais avoir une vie heureuse, je n'aurais rien fait pareil. J'ai eu plusieurs fois ce choix, dans ma vie, sans jamais le saisir. Le malheur est rassurant, et s'installe vite dans nos esprits. Le malheur est confortable, tu ne trouves pas?  »

Je tirais longuement sur ma clope, mon regard noir d'ébène se perdant dans celui de Bastian. Un regard à se damner. Un léger sourire apparut sur mes lèvres - la politesse du désespoir.

« J'ai choisi mon malheur, et je l'entretiens. Voilà ce que je sais faire de mieux. Je ne tue pas les autres, je me tue moi-même à petit feu. C'est beaucoup plus doux que la pendaison, beaucoup plus confortable que la noyade, et tellement plus facile que de sauter dans le vide. »




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Through the sorrow all through our splendor, don't take offence at my innuendo - BASTIAN

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